SAGES-FEMMES : RIEN N’EST FAIT !!

SAGES-FEMMES : RIEN N’EST FAIT !

La prochaine et ultime réunion sur le statut des sages-femmes aura lieu le 19 février prochain.

A l’issue de celle-ci, nous espérons en savoir un peu plus sur les intentions de la Ministre concernant l’avenir statutaire de ces personnels.

Lors de la précédente réunion, deux scénarii, nous ont été proposés et présentaient ce que pourrait être le cadre d’emploi, la carrière et les conditions d’organisation de travail des sages-femmes qu’elles restent dans la Fonction Publique ou qu’elles choisissent de la quitter.

Aujourd’hui, le collectif inter-associatif sages-femmes (et la CFTC), favorable à l’abandon du statut Fonction Publique Hospitalière informe les personnels et véhicule de fausses informations.

En dehors, de toute polémique, il est de notre devoir de rétablir ces faits et rien que les faits.

Si nous défendons un statut Fonction Publique et la création d’une filière médicale au sein de la Fonction Publique Hospitalière, nous défendons également l’hôpital public et la garantie pour tous d’avoir un accès à une prise en charge de qualité.

C’est dans cet esprit que nous nous inscrivons depuis le début dans ces négociations.

De nombreuses questions nous parviennent de la part de sages-femmes inquiètes, nous allons donc y répondre :

1 – Le collectif prétend représenter toutes les sages-femmes , qu’en est-il et quel est sa représentativité ?

Depuis le début des négociations, le collectif inter-associatif sages-femmes s’émeut que des centrales syndicales puissent représenter les sages-femmes et nous dénie le droit de le faire.

Il est paradoxal d’avoir ce type de discours et de faire alliance avec une organisation Syndicale ultra minoritaire dans la Fonction Publique Hospitalière (La CFTC) qui en déposant un préavis de grève permanent couvre les arrêts de travail des sages-femmes.

Bien entendu, nous ne remettons pas en question ce droit de grève mais souhaitons que le collectif fasse preuve de cohérence en ne stigmatisant pas certains syndicats qui seraient « mauvais » car en désaccord avec lui ou en faisant la promotion d’une autre qui devra assumer ses choix prochainemen

2 – Toutes les sages-femmes s’expriment-elles au travers le collectif ?

Bien évidemment que non et nombreuses sont les sages-femmes adhérant à notre organisation, dénonçant par la même, la dérive corporatiste et outrancière de certains responsables d’association.

D’autres enfin et qui ne souhaitent pas quitter la Fonction Publique Hospitalière rejettent l’attitude de l’ordre des sages-femmes qui en véhiculant des contres vérités ou en appelant à la désobéissance outrepassent ses missions qui sont, elles, définies par la loi.

Pour information, nos syndicats ont organisé des sondages dans de nombreuses régions qui font apparaître le refus des sages-femmes hospitalières d’abandonner leur statut.

Enfin, sur ce sujet de la représentativité, il est étonnant de constater que ce collectif est composé de professionnels libéraux qui aimeraient bien mettre les pieds à l’hôpital, de cadres enseignants qui veulent devenir professeur d’université et de cadres qui veulent uniquement manager (mais ce n’est pas la majorité), qui tous ont la prétention de parler pour les 12 000 sages-femmes hospitalières.

Pour FO, il faut entendre les revendications de tous mais les replacer dans le contexte du statut de la Fonction Publique Hospitalière sans minorer la volonté de reconnaissance et d’évolution de cette profession.

3 – Quel sera l’avenir des étudiants ?

Si comme le collectif le revendique, le corps des sages-femmes devient un corps national géré par le centre national de gestion, le sort des étudiants diplômés sera radicalement différent de ce qu’il est aujourd’hui.

Ainsi, après parution de la vacance des postes sur toute la France, les jeunes diplômés seront amenés à passer un concours sur épreuve pour pouvoir prétendre accéder à un emploi.

Cela signifie que le titre de sages-femmes ne suffira plus et que concrètement un jeune diplômé pourrait être amené à se déplacer sur tout le territoire pour travailler.

Bien entendu, nous considérons que cette mesure serait contraire aux intérêts des jeunes diplômés mais en séance le collectif affirme que cette disposition ne générera pas de difficultés… à voir.

4 – Quel sera l’avenir des cadres ?

Là, il est évident que la fonction d’encadrement n’existerait plus.

Dans la Fonction Publique Hospitalière serait maintenu un grade de gestion pour accueillir les cadres et enseignants en fonction et création d’un statut d’emploi pour les sages-femmes ayant des responsabilités fonctionnelles temporaires.

Hors Fonction Publique, pas de grade de gestion et création d’un statut d’emploi sur lequel seraient détachées les sages-femmes ayant des responsabilités fonctionnelles.

A ce jour, nous savons que la nomination serait sur une période de 4 ans et rien d’autre.

En clair, si sortie de la Fonction Publique Hospitalière l’opacité est grande, à la fois sur les conditions d’exercice, les conditions de recrutement (par le chef de pôle, le directeur, la CME ?), les rémunérations et surtout les conditions de réintégration.

L’Association des cadres sages-femmes qui défend cette option semble ne pas avoir compris que les sages-femmes cadres et enseignants sont attachées à leur fonction et ont une projet de carrière qui ne dure pas 4 ans… et ne veulent pas être soumises à renouvellement comme d’autres professions médicales.

D’ailleurs, celles qui revendiquent haut et fort cette mesure ne risquent rien car ne sont pas en service ! … Faites ce que je dis…. !

5 – La rémunération sera-t-elle celle des praticiens hospitaliers ?

La réponse du Ministère est claire : ce sera « non » et aucune proposition de reclassement indiciaire n’a aujourd’hui été faite contrairement à ce qui se dit.

La seule réponse que nous avons aujourd’hui, nous indique quel que soit le statut futur des sages-femmes (hors Fonction Publique Hospitalière ou dans Fonction Publique), la rémunération sera la même.

Le collectif avance des chiffres faux car à ce jour, les négociations salariales n’ont pas débutées.

Cependant, pour les associations présentes, le salaire est secondaire et n’est toujours pas la préoccupation des sages-femmes ! ! !

Pour Force Ouvrière, la reconnaissance et le salaire vont de pair et nous entendons bien revendiquer une reconnaissance salariale conforme au niveau de responsabilité et de technicité des sages-femmes.

Pour notre syndicat, faire apparaître en séance de négociations, comme le fait le collectif, que le salaire est secondaire, relève d’une profonde méconnaissance des personnels et leurs aspirations.

6 – Comment sera calculée la retraite ?

Si le futur statut des sages-femmes hors Fonction Publique Hospitalière est calqué sur celui des praticiens hospitaliers, le niveau de la pension représentera 30 % du dernier salaire (taux de remplacement

Ce qui correspond à un différentiel de 75 % par rapport à la pension d’une sage-femme dans la Fonction Publique Hospitalière.

Sur ce point encore, le collectif prétend que les sages-femmes s’en moquent mais la vérité des calculettes s’impose.

30 % du dernier salaire ou 45 % de celui-ci ? A vous de juger.

7 – Temps de travail

Le statut de praticien hospitalier impose des conditions d’organisation du temps de travail particuliers. Le nier relève de la désinformation, mais là encore selon le collectif, les sages- femmes s’en moquent !!! Cela signifie nier les impératifs liés à la vie de famille et les activités privées. Nous ne pouvons dignement cautionner une telle atteinte aux conditions de vie.

ET encore, beaucoup d’autres questions se posent et nous inquiètent si d’aventure les sages-femmes devaient quitter le statut de la Fonction Publique Hospitalière.

Y- aurait-il un droit d’option et permettre de choisir entre un statut ou l’autre : rien n’est dit.

Y aurait-t-il une période transitoire permettant aux cadres d’intégrer de nouvelles fonctions ou de réintégrer les services ? Rien n’est dit.

Pourra-t-on garantir aux nouveaux diplômés d’être nommés dans leur région ? Sans doute que non.

Pourra-t-on garantir un emploi pérenne et de plein temps pour tous dans un autre statut que la Fonction Publique Hospitalière ? Bien évidemment que non car même les services du Ministère nous précisent qu’un statut de praticien hospitalier serait une aubaine pour les hôpitaux qui voyant leur activité baisser ou victimes de restructuration, offriraient des contrats à temps partiel aux sages-femmes.

En clair, le temps de travail et le plein temps ne serait pas garanti mais assujetti à l’activité.

Là encore, le collectif s’en moque et n’offre aucune réponse ni garanties à celles et ceux qu’il désinforme.

En conclusion :

Dans les prochaines semaines le Ministère fera son choix – Dedans ou Dehors –
Le nôtre est fait.
Il est celui de la garantie de l’emploi, de la rémunération, de la formation et du droit à pension.
Il est celui de l’expertise et de la qualité.
Il est celui de la reconnaissance des compétences.
Il est celui de la responsabilité à confier aux sages-femmes dans le cadre de la physiologie et de la reconnaissance de leur autonomie professionnelle.

Pour FO, sortir de la Fonction Publique Hospitalière est un pari trop risqué.

Il ne correspond ni à la volonté majoritaire des sages-femmes, ni à l’expression d’un besoin de santé publique.

Pour Force Ouvrière, l’évolution de la profession de sage-femme, la reconnaissance de sa spécificité et de son autonomie passe par la garantie statutaire leur permettant d’exercer leur art dans toutes ses dimensions.

Le Secrétariat Fédéral 

Pout télécharger le texte : cliquez ici

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