AP-HP 8000 manifestants dans la rue le 21 Mai

image1 2image1 Une manifestation organisée jeudi devant le siège de l’Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) contre la révision de l’accord sur la réduction du temps de travail a rassemblé 5.000 à 5.200 personnes selon la préfecture de police, et jusqu’à 8.000 selon les organisateurs.
Le directeur général de l’AP-HP, Martin Hirsch, a annoncé en janvier le lancement « d’une réflexion ambitieuse sur l’organisation des rythmes de travail » puis confirmé en mars son souhait de revoir l’accord de l’AP-HP de 2002 sur les 35 heures.

Manifestation devant le siège de l’AP-HP à Paris.
La direction a transmis aux syndicats fin avril un document d’orientation en vue de négociations prévues du jeudi 28 mai au jeudi 18 juin . Elle n’est pas cependant pas obligée d’aboutir à un accord pour faire appliquer la réforme.
Deux intersyndicales (CGT, FO et SUD puis CFTC, CFE-CGC, SMPS et Unsa) ont appelé les salariés à faire grève et à manifester jeudi ), ainsi que la CFDT.
A partir de 11 heures, les manifestants ont rempli l’avenue Victoria (IVème arrondissement), à Paris, sous les fenêtres de la direction de l’AP-HP, a-t-on constaté sur place.
Le principal slogan scandé était « Ni négociable, ni amendable, retrait du projet Hirsch! ». La foule a également repris un « Martin Hirsch, démission », tandis que des manifestants arboraient des panneaux tels que « Les RTT c’est pour souffler » ou « Martin, touche pas à nos RTT, sinon ça va péter ».
Face au cordon de policiers qui bloquait l’entrée du bâtiment, était déployée une grande banderole « Repos préservé, qualité des soins assurée ». Elle portait les logos de sept des syndicats, mais pas celui du Syndicat des manageurs publics de santé (SMPS).
Peu avant midi, une délégation est montée pour rencontrer la direction, puis est ressortie vers 13h15. Ils ont été reçus par Martin Hirsch et plusieurs de ses collaborateurs, ont indiqué les syndicalistes qui se sont succédé au micro devant les manifestants.
La secrétaire générale de l’Union syndicale CGT de l’AP-HP (Usap-CGT), Rose-May Rousseau, a affirmé avoir trouvé le directeur général « très mal dans ses baskets ». Il se serait engagé « à écrire ses nouvelles propositions aujourd’hui même », et à « réentamer » des discussions plus larges sur les conditions de travail, a-t-elle rapporté.
Martin Hirsch « nous propose une méthode » de négociation mais « il ne remet rien en cause », a jugé le secrétaire général de SUD santé de l’AP-HP, Jean-Marc Devauchelle. « Nous allons interpeller […] le président de la République », François Hollande, a-t-il déclaré.
La direction de l’AP-HP « essaie de nous faire avaler la pilule en ouvrant le dossier des conditions de travail », a pointé Isabelle Chaumont-Huyet, secrétaire générale de la CFDT de l’AP-HP, se disant mécontente de l’entretien avec la direction.
Tous ont plaidé pour poursuivre le mouvement social en vue d’un retrait pur et simple du projet sur le temps de travail. Des assemblées générales sont prévues dans les prochains jours dans les hôpitaux. Une nouvelle grève accompagnée d’une manifestation se profile jeudi prochain.
Plusieurs responsables syndicaux nationaux sont venus soutenir les manifestants devant le siège de l’AP-HP, comme le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, le président de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf), Patrick Pelloux, ou encore le secrétaire général de la Fédération FO des personnels des services publics et de santé, Didier Bernus.
Laurence Cohen, sénatrice communiste du Val-de-Marne, a fait de même, ainsi que des élus communistes ou Front de gauche du conseil de Paris.
De nombreux orateurs ont estimé que le projet de révision de l’accord temps de travail à l’AP-HP laissait augurer des démarches similaires dans les autres hôpitaux de France.
SUD a signalé des actions de soutien à ce mouvement jeudi à Toulouse, Marseille, Bordeaux, dans le Nord, ainsi que dans les hôpitaux psychiatriques hors AP-HP de la région parisienne.
Des syndicalistes ont dénombré environ 800 manifestants venus de La Pitié-Salpêtrière, 500 de Saint-Louis, 300 de Lariboisière (Paris), 400 d’Henri-Mondor (Créteil) ou encore 130 de Bicêtre (Le Kremlin-Bicêtre, Val-de-Marne).
Interviewé sur RTL mercredi matin, avant la manifestation, Martin Hirsch a défendu son projet, assurant par exemple que « ce n’est pas la fin des 35 heures, c’est les 35 heures organisées autrement ».
Il a dit se sentir « soutenu » par la ministre des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes, Marisol Touraine. Celle-ci a cependant assuré mardi ne pas vouloir « [s’]immiscer dans la discussion qui intervient dans un établissement même si c’est le plus grand de France »
Contactée par l’APM jeudi pour avoir des détails sur la discussion qui a eu lieu entre la direction et la délégation syndicale, la direction de l’AP-HP n’était pas encore en mesure de répondre.

Source APM.

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